Grégory Nicolaïdis

CEO de WeLoveWords

Les mots et les choses

Par Maxime Verner

Les chiens ne font pas des chats.

Lorsque ses parents quittent Paris pour la bonne ville de Saint-Etienne, avec comme projet de reprendre une entreprise familiale, le petit Grégory n'a pas encore vu le jour. Comment pouvait-il échapper à l'entrepreneuriat ?

Culotté

Il avait pourtant bien essayé. Il avait quitté sa province, bien décidé à empoigner la vie. Infiltré à la soirée des Victoires de la Musique grâce à un ami projo, il se faufile en backstage pour alpaguer Pascal Nègre, patron d'Universal et parrain de l'industrie déjà déprimée du disque. Le presque-plus étudiant lui présente son projet de mémoire, et lui remet sa seule carte de visite, aussi improvisée que la démarche. Intrigué, le taulier, ancien pousseur de portes, invite le jeune Grégory à venir lui poser ses questions chez Universal. Il en repartira avec un boulot en poche.

En avril 2006, Greg lance un mini-site pour permettre à des auteurs d'écrire le prochain single d'un de ses artistes. Ils sont mille cinq cent à participer, et le lauréat aura la surprise de se retrouver pendant quelques semaines dans le top 10 des chansons les plus diffusées en France. L'idée continue à travailler le chef de projet, au point qu'il claque la porte d'Universal pour lancer la première communauté d'auteurs en ligne.

We love Words, You Love Words

Flashback

  • 1979

    Naissance à Saint-Etienne
  • 2003

    Il rencontre Pascal Nègre et rentre chez Universal
  • 2010

    Lancement de WeLoveWords.com
  • 2015

    Lancement de YouLoveWords.com
  • 2016

    Développement international

L'aventure We Love Words

WeLoveWords.com ne s'est pas évité l'éternel bric-à-brac de la start-up encore trop innovante pour être découverte. Dans son incubateur de l'avenue Trudaine, "le Grec" se débrouille avec ses qualités de management acquises en culotte courte, en voyant son père tenir à bout de bras son usine et son carnet de commandes. Il développe peu à peu une communauté solide d'auteurs confirmés et de débutants pétris de talents. Le texte, oublié de l'Internet (la photo, la musique et la vidéo ont leurs plateformes depuis un bail) aurait-il trouvé sa place ?

Il cherche son premier client comme certains courent le cachet. Encouragé par Marjorie, son amoureuse au soutien infaillible, Grégory ne lâche rien. Il s'accroche à son envie de décloisonner les talents pour leur ouvrir la porte des industries créatives, des maisons d'édition, des médias et des marques, et en mouillant le maillot WeLoveWords.com convainc des agences de l'héberger, les grands médias de l'adouber comme le "YouTube des auteurs" et peu à peu cette plateforme fédère pas moins de 20 000 auteurs et talents de 30 nationalités.

 

Toujours rebondir

Grégory découvre alors les affres des trous de trésorerie, et lève des fonds avec brio auprès de différents business angels, d’Olivier Mathiot président de Price Minister à Gilles Mischler, 20e salarié de Facebook. Il révèle jour après jour des scénaristes, des paroliers, des journalistes, des romanciers, des concepteurs-rédacteurs et voit concrètement ses auteurs et ses clients (Flammarion, MyLittleParis, BlaBlaCar, Prisma, Beats…) se rencontrer sur sa plateforme. Mais les efforts pour y arriver l'ont usé, et il doit prendre un peu de recul pour retrouver l'inspiration, son combustible principal.

La clé, ce sera YouLoveWords.com, une interface multilingue qui permet à chaque marque de proposer son brief à un ou plusieurs de ses 20.000 talents créatifs. Que ce soit pour alimenter son blog en contenus hebdo, refondre son storytelling, trouver des contenus premium pour ses réseaux sociaux ou travailler sur des concepts publicitaires, chacun trouve chaussure à son pied.

Alors que son idée vient de fêter ses 7 ans, l'âge de réflexion laisse poindre des opportunités fantastiques, et cet entrepreneur créatif peut enfin développer les projets qui lui tiennent à coeur. Car comprenne qui pourra, Grégory Nicolaïdis est aussi un artiste, comme tous les autres actifs sur WeLoveWords.com, et le restera.

portrait précédent :

Accueillir l'autre

Mes souvenirs de 5 à 10 ans sont concrètement les meilleurs moments de ma vie

prev

portrait suivant :

Le premier geek

Le code n’est pas un truc d’intello, c’est plutôt de la curiosité et de l’envie de faire soi-même.

next
La liste des portraits