Rasmus Michau

Fondateur de BonjourBonjour

Des idées toutes fêtes

Par Jean-Baptiste Semerdjian

«J’aime organiser des soirées, car j’aime voir les gens kiffer grâce à moi !»

Rasmus Michau est un businessman pétri de contradictions. Né au Danemark en 1975, ce colosse nordique rit de tout et tapote dans le dos pour saluer avec chaleur. Sa vie commence donc dans ces pays aux maisons sans volets et aux vélos sans freins. Sa jeunesse est plutôt heureuse. Seule ombre au tableau, le divorce de ses parents. Il grandit avec les us et coutumes propres à ces pays du Nord, souvent pris comme exemple. Mais voilà, Rasmus a un problème, il est sociable.

Un poil dans la main

Dès lors, déménager en Italie ne lui fait pas peur. Rasmus prend même goût à la dolce vita et se laisse aller à quelques travers bien latins. « J’y étais très heureux et je révisais peu », avoue-t-il avec une étincelle de malice dans les yeux. Ce n’est pas la dernière fois que l’on verra cette étincelle. Le bac en poche, son père l’inscrit de force dans une prépa d’été pour Sciences Po Paris. « Tout le monde était en vacances pendant que moi je révisais le jacobinisme dans des salles de cours exiguës au climat caniculaire », pleure encore Rasmus.

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Flashback

  • 22 février 1975

    Naissance
  • 27 avril 1980

    Divorce de ses parents
  • 10 septembre 1992

    Installation en Italie
  • 15 septembre 1994

    Déménagement à Paris
  • 22 septembre 2012

    Rasmus se marie

Quartier latin

À la joie et à la gloire de son père, Rasmus est admis dans l’institution de la rue Saint-Guillaume en septembre. C’est surtout le top départ de sa vie étudiante. Inutile de raconter en détail les soirées que le jeune Rasmus vit dans un Paris qui danse sur les Rita Mitsouko et rigole aux blagues de Pascal Légitimus. En parallèle, le bon élève qu’il cache en lui décroche de bonnes notes. « À Science Po, on t’apprend à réfléchir en deux parties avec des sous-titres et des conclusions. Je critiquais à l’époque, mais ça m’a servi toute ma vie », reconnaît-il aujourd’hui. Cet épisode le confronte à un univers très parisien, au grand dam du rital qu’il est resté. « J’étais avec des gens très parisiens quand moi je débarquais de ma dolce vita ! », s’amuse-t-il, se revoyant manger une pizza sur le boulevard Saint-Germain.

Un PowerPoint de plus…

Après 3 ans d’études, le temps est venu de se lancer. Il devient comme prévu consultant, fait des audits, voyage en Europe, apprend des techniques de reporting et noue sa petite cravate tous les matins. Cette vie sans piment le mène de nouveau dans le Nord de l’Europe pour le projet d’une chaîne de sport. Mais l’enthousiasme n’y est déjà plus, le projet capote et Rasmus rentre au bercail. Consultant dans de gros cabinets, la tentation de tout envoyer valser grandit. « J’aimais bien cette vie, mais je trouvais que je ne gagnais pas assez pour tout le travail fourni », avoue-t-il. Faut dire que tout l’y encourage. À l’époque, son coloc’ gagnait en un soir son salaire du mois. « C’était inacceptable ! », s'emporte-t-il. L’aventure commence là.

 
«j’aime voir les gens kiffer grâce à moi»
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Rasmus le magnifique

Rasmus décide de rendre fous les nostalgiques des années folles et prend la direction artistique de Bagatelle. Cette honorable demeure un peu vieillotte sertie de roses et perdue dans le bois de Boulogne renoue avec le sens de son nom, se transformant en temple de la débauche nocturne. « Interdit d’entrer sans être costumé et enjoué ! C’était comme au service militaire, toutes les couches sociales étaient là, à se trémousser sur de la bonne musique. J’aime organiser des soirées, car j’aime voir les gens kiffer grâce à moi ! », affirme-t-il avec fierté.

Les affaires fonctionnent très bien, Rasmus virevolte de femme en femme, de soirée en soirée, de projet en projet, jusqu'à se retrouver catapulté à la tête de plusieurs boîtes de nuit, d’un restaurant, d’une agence événementielle et du Who’s Who des noceurs (Say Who). Au bout de 6 ans de fêtes, Rasmus tombe amoureux et se fatigue des cotillons. « Ce qui se dit la nuit, ne voit jamais le jour », disait Nietzche. J’en ai eu marre de jamais voir le jour et de rien créer, si ce n’est du rêve », commente ce vétéran de la nuit.

Nous sommes à l’after de sa trentaine, et Rasmus n’a pas perdu de vue son envie de faire se rencontrer les gens. Révolution Facebook oblige, il lance BonjourBonjour en 2011, avec l’ambition d’en faire le réseau social de demain. BonjourBonjour permet de faire des rencontres amicales, et peut-être amoureuses, grâce à une activité que l’on est en train de réaliser : « Tu veux faire du tennis mais tu es seul. C’est un dilemme ! Avec BonjourBonjour, tu trouves un partenaire et un peu plus selon tes performances », ajoute-t-il avec sa malice si caractéristique.

Rasmus est un businessman. Qui pense désormais plus à lui qu’au prochain anniversaire du Baron. Mais les vieux réflexes ont la peau dure. Il a toujours cette conviction de la richesse humaine. Du haut de son mètre 95 et de ses yeux bleu Michou, Rasmus continue de butiner de rencontre en rencontre et partage son lifestyle autant sur les dancefloors que sur Smartphone.