Romain Colin

Fondateur de Fubiz

Fubiz or not Fubiz

Par Maxime Verner

Nul ne sait ce que veut dire Fubiz !

Pourtant, tous les jours, des milliers d’artistes aux quatre coins du monde se demandent si leur production est « Fubiz ».Ça pourrait être la contraction de fun et de business, tant ces deux mamelles nourrissent le regard désarmant et assuré de Romain Colin, jeune trentenaire francilien devenu le golden-boy des médias créatifs.

Pourtant, rien n’était joué d’avance pour cet enfant doué de Seine-et-Marne, tiraillé entre ses nombreuses passions, pas si enfantines que cela. Alors qu’il est au lycée, il s’intéresse de plus en plus aux marques, les grandes, celles-là mêmes avec lesquelles il travaille aujourd’hui. Mais entre-temps, il lui a fallu jouer à l’étudiant sur les bancs de l’ISCOM à Paris, faire des stages en agence pour apprendre, progresser et faire la différence. « Je ne voulais pas me retrouver noyé dans une masse de CV. Dix ans plus tard, c’est moi qui en reçois des centaines. »

LOGO FUBIZ

Flashback

  • 12 septembre 1985

    Naissance
  • Juin 2005

    Lancement de Fubiz Media
  • Juin 2006

    Diplômé de l’ISCOM
  • 20 juin 2016

    Naissance de sa fille
  • 22 septembre 2016

    Fubiz Talks à l’opéra Bastille

Self made stage

En juin 2005, il décide de créer un format blog, qui serait un condensé de toutes ses passions : art, architecture, design, pop culture… Il découvre alors la puissance d’Internet. Romain fait une veille permanente, et partage ses découvertes par e-mail avec d’autres blogueurs et forums. Et, miracle, ses contenus sont repris aux quatre coins de la planète. Il découvre le côté grisant d’avoir une audience qui vit, de ressentir sa profondeur et ses répercussions.

Pour finir ses études, il se prend lui-même en stage au sein de la toute jeune SARL Fubiz. Il en est toujours l’actionnaire quasi intégral. Après avoir signé avec une régie publicitaire, Romain peut vivre de son blog et fonce, conscient que Fubiz n’est pas un pari fou. « C’était agréable d’être le seul
décisionnaire »
, se remémore-t-il dix ans plus tard. Il aura fallu moins de trois ans à Romain pour embaucher et devenir le média référence sur l’inspiration et la créativité, « le premier sur la verticale “inspi-tainment” ». La boîte e-mail de Romain Colin est l’une des plus impressionnantes qui soient : des milliers d’artistes et de designers lui adressent chaque jour leurs créations.

Authenticité, antériorité et autorité

Comment expliquer cette réussite insouciante ? Dès le début, Romain ne veut pas être clivant dans l’approche de son audience ; seul compte son regard et l’aspect inspirant d’une œuvre. Il poursuit ses trois A : authenticité, antériorité et autorité. C’est ainsi que Fubiz a pu faire autorité sur son sujet et trouver des foyers d’audience partout dans le monde.

Sa dernière obsession ? La distribution de ses contenus. « Nous diffusons nos contenus sur Facebook plusieurs fois, selon les fuseaux horaires. Nous avons gagné comme cela plus de 2,5 millions d’abonnés sans dépenser un centime de publicité. »

 
fubiz maquette

Pourquoi alors rester à Paris, juste en face de l’opéra Garnier, plutôt que de naviguer de capitale en capitale ou de s’isoler avec sa femme et sa fille sur une île paradisiaque avec connexion haut débit ? « Je ne prends pas le risque de trop changer ma vie, de peur de faire tomber le château de cartes »,
avoue-t-il. Au plus près de ses fondations, Romain veut se concentrer sur ses développements futurs, tous organiques : les conférences Fubiz Talks, des collaborations entre les artistes et annonceurs, etc. La tête sur les épaules, Romain poursuit son approche raisonnée. Après avoir écrit près de 10 000 articles, Romain a décidé, en 2012, de passer la main à des collaborateurs triés sur le volet, à qui il peut transmettre son regard exigeant, sur la forme comme sur le fond.

Fomo Sapiens

Bon soldat, il sait bien qu’il ne pourra pas être Fubiz-addict jusqu’à sa retraite. Mais pour l’heure, Romain est tellement frappé de FOMO (la peur de louper une info) qu’il ne décroche pas des push sur son iPhone. Il est même écouté par les grands médias, frappés par la révolution numérique. Notre frenchy leur explique comment être lisible, et comment distribuer leurs contenus le plus efficacement possible. L’éternel curateur devient influenceur à son tour.

Au fond, ce qu’a développé sans relâche Romain Colin, c’est son regard, une valeur ajoutée pour notre époque. Lui qui est passionné par le rapport de notre génération à l’image finira peut-être bien par devenir spin doctor d’artistes ou de politiques, qui sait…

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Rire en pets

Mon métier, c’est divertir les gens et justement leur faire oublier que nous sommes dans un monde d’enculés

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L’hyper-hacktif

On nous a toujours dit : “laisse les experts de la politique faire et occupe-toi de travailler”

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