Jérôme Ruskin

Fondateur d'Usbek et Rica

L'autre ambassadeur du turfu

Par Maxime Verner

Jérôme Ruskin est un jeune homme constant.

La barbe pousse, mais l’envie de découvrir et de faire savoir ne s’essouffle pas. Il creuse depuis plus de six ans le même sillon, celui d’Usbek & Rica. Suivant le fil de sa vision, celle de démocratiser une approche éclairée et ouverte du futur, il multiplie les formats : un mook devenu magazine, des sites et des applis, une émission sur Arte, des conférences...

Fait pour défricher

D’où lui vient cette vocation ? Des colonies de vacances, où il prenait le relais des profs pour monter des programmes pédagogiques. Puis de ses études de socio à Paris 5, où il entendait Saul Karsz dire :
« Que vous soyez d’accord ou pas est un détail ! » Il pense déjà à son projet et rentre à l’EHESS,
« la Rolls des sciences humaines », sur un projet de sociologie bien senti : un mémoire sur le charisme en politique, en s’appuyant sur un terrain original : les militants "grandes écoles" de l’UMP pendant la campagne de 2007.

Jérôme Ruskin explorateur du futur

Flashback

  • 2001

    Rencontre avec Saul Karsz, qui lui donne le goût de la sociologie
  • 2002

    3 mois de kibboutz à cueillir des pommes
  • 31 décembre 2010

    Révélation du nouveau Usbek & Rica
  • 2017

    Arrivée de DSK à l’Élysée
  • 2017

    Usbek & Rica est dans tous les foyers

Rentrer dans le mook

Au moment de choisir entre la production de savoir (des thèses) et leur diffusion, il fait le pari de lancer un mook, alors que XXI n’est pas encore en librairie. Son seul boulot : un stage de planneur stratégique auprès du publicitaire Franck Tapiro. Alors qu’il lisait encore Philo Mag, il se lance dans cette vaste entreprise de distribution du futur. Chez Usbek & Rica, on a aussi la volonté de parler aux vieux pour leur raconter le monde qui se prépare. D’où une collection coéditée avec 10/18, qui parle autant des énergies renouvelables, de Lady Gaga et de Facebook, que de la violence et de la solitude. Où s’arrêtera Jérôme dans sa course à la diffusion du savoir prospectif ?

À suivre...

Devenu éditeur, il lit un peu et feuillette beaucoup. La fable de Mandeville, « l’homme du diable », sur l’utilité sociale de l’égoïsme, il en est fan. Il se penche aussi sur les travaux de sa fabrique préférée, l’EHESS, ou sur le pavé « Commun » (La Découverte). Pas blasé de faire connaître sans relâche les initiatives dans l’air du temps à venir, il a beaucoup appris de ses premières années d’entrepreneuriat, au point de se surprendre lui-même du succès de son entreprise. À l’heure où Libé perd son canal historique, les petits gars d’Usbek & Rica embauchent à tour de bras, et comptent parmi leurs investisseurs quelques-unes des plus belles cervelles de Paris.

Jérôme, lui, rêve pourtant de s’agrandir. Maintenant qu’il a pignon sur rue dans le 11e arrondissement de Paris, notre barbu n’a d’yeux que pour New York. Au moins, à Brooklyn, il pourra enfin se fondre dans le paysage, la tête dans le futur.