Gilles Vanderpooten

Directeur de la Rédaction de Reporters d’Espoirs

Journaliste positif

Par Maxime Verner

Gilles Vanderpooten est un pionnier du journalisme positif.

Mais il est arrivé dans la profession en s’intéressant d’abord au terrain, suivant le conseil d’Albert Londres : « La seule ligne que connaisse un journaliste, c’est celle du chemin de fer. » Il s’est d’abord impliqué dans le pacte Hulot, avant de suivre des initiatives sociales partout dans le monde, avec sa petite vingtaine bien portée.

Enraciné

Il faut dire que Gilles avait de qui tenir. Ses parents parisiens sont devenus agriculteurs bio dans les années 70, dans l’Ariège puis le Tarn, précurseurs dans le développement durable, aussi libres que passionnés. Son père a repris ses études pour faire une thèse sur l’histoire de l’agriculture... avant de démissionner de l’Éducation nationale pour créer le premier logiciel de gestion des exploitations agricoles.

Au collège, Gilles prend son scooter pour aller chercher le bus en centre-ville. Cela lui donne l’idée de créer sa première boîte, à 14 ans : « Le portail des 2 roues ». Il vend de la pub et crée une division création de sites dans la société d’informatique de son père. Il passe son adolescence entre le musée sur le fondateur de Détroit, dans le village voisin, et une prépa exigeante mais ouverte à Toulouse, où la philo et l’éco lui sauvent la mise plus d’une fois.

Étudiant vert

En 2005, la seule école de commerce qui lui parle de « responsabilité globale » l’accueille, c’est Audencia. Sans crier gare, il crée l’association développement durable de l’école et lance un festival du film sur l’environnement. Pour lui, le cinéma et le documentaire sont des moyens d’évasion et de socialisation depuis l’enfance. En octobre 2006, la première édition est un succès, avec la diffusion en avant-première de « Vu du ciel », de Yann Arthus-Bertrand. Les échanges avec des explorateurs comme Jéromine Pasteur, Yves Paccalet ou Catherine Chabaud transforment l’événement étudiant en une version grand public des Assises nationales du développement durable. Après cette phase de sensibilisation, Gilles veut entrer dans l’action concrète.

Gilles Vanderpooten directeur reporters d'espoirs

Flashback

  • 1985

    Naissance à Toulouse
  • 2006

    Création du Festival du film de l’environnement et du développement durable
  • 2009

    Publication de « l'Appel pour une France durable »
  • Mars 2011

    Publication d'«Engagez-vous !» avec Stéphane Hessel
  • 13 octobre 2014

    La France des Solutions : 2ème édition

Stéphane Hessel: le mentor

Il monte à Paris en 2007 pour faire ses stages de fin d’études, et en profite pour créer le Réseau des étudiants français pour le développement durable (ils partirent 5 étudiants, ils sont 150 associations aujourd’hui) et les Trophées Planet D. Il rencontre dans ce cadre Stéphane Hessel, et lui propose de faire un livre d’entretiens : Engagez-vous ! Entre-temps, le diplomate nonagénaire avait pondu son Indignez-vous, vendu à des millions d’exemplaires partout dans le monde. Les deux hommes, que plus de soixante ans séparent, partent en Espagne voir les « indignés » et vivent les transformations dans la jeunesse en direct.

Engagé sur tous les fronts

À l’heure où Hessel disparaissait, Gilles Vanderpooten avait déjà pris la direction de Reporters d’espoir, une ONG qui promeut, avec les médias, une information qui donne envie d’agir. Ils boostent la positivité de Libération ou du 20 heures de TF1 avec des formats mettant en avant des actions concrètes et justes, ce qui laisse le temps à Gilles de développer sa collection de livres d’entretiens chez l’Aube avec des personnalités aussi tranchées et entières que Philippe Starck, Danielle Mitterrand, Guy Bedos et Youssef Seddik, et d’organiser la France des Solutions, où acteurs associatifs et hommes politiques se rencontrent pour trouver et développer les leviers de changement.

Il continue, à sa manière, à faire le lien dans une société qui en a bien besoin, et à donner envie à chacun d’améliorer son environnement. C’est en cela qu’il renoue avec l’idéal du journalisme, et combat chaque jour la morosité ambiante. Pourvu qu’il dure !

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